Les communautés témoignent
A Sohm, cinq petits enfants, en moyenne, mouraient du paludisme chaque année. « Depuis que l’auto évaluation nous a mobilisés, il n’y a pas eu un seul décès » constate Mme Sera Badjie, épouse de l’Alkalo .
Le Président du Comité de développement du village , M. Lamin Badjie, reconnaît qu’avant de procéder à son auto évaluation, la communauté « savait à peine » ce qu’était le paludisme.... « Nous avons pris conscience du mode de transmission, de l’importance d’assainir l’environnement. Depuis deux ans, nous n’avons pas eu un cas de paludisme grave ».
A Bara, l’Alkalo, M. Kenbugul Faye, évoque les fausses couches, si nombreuses naguère et qui désolaient les familles : « Cela n’arrive plus car maintenant, les femmes enceintes vont à la visite prénatale ».
A Madina Bafuloto la communauté reçoit chaque année d’une ONG allemande 1000 dollars pour financer les frais de consultation pour le paludisme au centre de santé. « Il y a deux ans, nous épuisions ces mille dollars en deux mois, indique un membre du Comité de Développement. Cette année ils nous ont duré six mois ! »
A Salikeni, devant les 8oo élèves de la Basic cycle School, 13 filles et 12 garçons de l’école, formés par la NGSA, jouent une petite pièce de sensibilisation à la lutte contre le paludisme. Les écoliers écoutent, s’amusent, les messages passent.
L’Alkalo de Salikeni, apprécie : « Avant cette sensibilisation, le paludisme était une nuisance terrible... cela créait des divisions. Pour beaucoup, le paludisme chronique tenait de la sorcellerie, que l’on attribuait à telle ou telle personne. Pratiquer l’auto évaluation nous a fait éliminer ces croyances.
Au centre de santé voisin, l’infirmière, Mme Bakari Kinteh se félicite elle aussi : Avant la venue des gens de la NGSA indique-t-elle, elle recevait des patients de 8h à 14h. Maintenant, à 10h c’est fini. « La morbidité et la mortalité ont beaucoup diminué ».
A Maka Farafenni, tout le village est là, le soir pour voir le troupe de théâtre locale jouer, avec talent et humour, une pièce illustrant les bonnes et mauvaises attitudes face à une crise de paludisme.
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M. Lamin Badjie, Président du comité de développement du village de Sohm
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'Avant l'autoévaluation, nous avions entendu parler du paludisme, mais nous ne savions pas ce que c'était. Puis nous avons établi notre propre plan d'action. Pour ceux qui ne pouvaient se payer une moustiquaire, nous avons créé des facilités de credit.
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'Maintenant, même les enfants de 6 à 8 ans sont capables de reconnaître les symptômes du paludisme quand ils en sont affectés et capables aussi de le dire à leurs mères.'
Le professeur principal de l'école de Keer Cherno
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'Ce programme ne laisse personne derrière. Il est holistique par nature, c'est pourquoi il est plus efficace que d'autres. Nos écoliers, qui viennent de vingt villages des environs, participent au programme et diffusent le message dans leurs communautés.'
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'Avec cette méthode, ils disent : ce n'est pas de la sorcellerie, c'est le paludisme! Si vous prenez le bon traitement, c'est guéri en trois jours. Donc vous pouvez voir la différence vous-même. C'est vraiment très, très efficace.
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'Parfois ceci est ma bible !'
Mme Kalsoum Jankou, épouse d’un marabout du village et chef du groupe des femmes de Madina Bafuloto.
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'Après notre formation, la première chose que nous avons fait fut d'organiser une réunion à laquelle assistèrent les 200 femmes du village.'
M. Demba Marana, professeur de mathématique à Madina Bafuloto
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'Les collégiens pairs éducateurs ont utilisé l'autoévaluation à l'école, mais aussi dans leurs villages, avec leurs familles et leurs voisins. Maintentant, même les anciens sont familiarisés avec l'autoévalution.'
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'Nouse écrivons des petites pièces de théâtre sur le paludisme avec les étudiants, à partir de leurs propres expériences, questions et connaissances.'