L'impact de l'approche de la Compétence face au paludisme

Les groupes de théâtre en première ligne

Child at Sohm village, The Gambia

Les groupes de théâtre existent depuis des temps immémoriaux, semble-t-il, dans les villages de Gambie. Ils sont partie intégrante des communautés.
Pour la lutte contre le paludisme, ils constituaient donc un vecteur potentiel de communication de première qualité.

« Nous les avons formés au paludisme, dit Adama Jane Sonko en nous concentrant sur le transmission de messages-clefs. Maintenant, ils écrivent leurs propres petites pièces, ils composent des chansons pour faire passer tous les messages de la prévention ». Les groupes sont invités systématiquement aux réunions locales d’informations sur le paludisme. Le Programme national de contrôle du paludisme passe des petits contrats avec eux. Moyennant une modeste rétribution, ils vont jouer dans leur propre village et dans ceux des environs qui ne disposent pas d’une troupe formée à la lutte contre le paludisme..

La NSGA est particulièrement en pointe dans ce domaine. Elle a formé sa propre troupe de théâtre, qui donne des représentations, anime des réunions, et conseille les troupes des villages.

« Une troupe de théâtre est un outil très puissant, souligne Abu Carr Sisawo, l’un des facilitateurs de la NSGA. Une petite pièce résume le contenu informatif de la grille d’auto évaluation. En outre, elle est toujours jouée dans la langue locale (et il y en a beaucoup en Gambie !). Les troupes mettent toujours en scène les mêmes thèmes principaux, mais en les pimentant d’allusions à ce que vit la communauté. Ils ne récitent pas une leçon, mais inventent, improvisent, et prennent grand plaisir à jouer ».

Plaisir totalement partagé par les spectateurs ! La nuit tombée, à Maka Farafenni, tout le village était là. Des centaines de personnes. Les facilitateurs de la NGSA avaient monté un grand écran. Bientôt, grâce à un petit groupe électrogène, chacun suivait les scénarios de petits films réalisés par la NGSA. Puis le fut le tour de la troupe locale de jouer. Problème de couple confronté à la crise de paludisme d’un enfant, intervention d’un ami : faut-il aller voir le marabout ou non ? Ou se contenter de donner du paracétamol ? L’état du malade empire, les dialogues se font plus vifs, plus désopilants aussi et l’assemblée n’en perd pas un mot.
Finalement, la raison - et la santé - triomphent. Le message, cette fois, était de ne pas traiter au paracétamol une fièvre paludéenne, car après une brève accalmie, l’état du patient empire. Il faut l’emmener sans attendre au centre de santé.

« Vous voyez, confirme Abu Carr Sisawo, ils ne récitent pas une leçon. Ils se sont appropriés ces scénarios. Et c’est d’eux que vient le message ».