L'impact de l'approche de la Compétence face au paludisme

Sorcellerie et paludisme

Child at Sohm village, The Gambia

Dans la tradition togolaise, comme dans celle de nombreux pays d’Afrique, il n’y pas de mort naturelle. La cause d’un décès se trouve toujours dans la communauté, dans les relations entre les personnes, dans la sorcellerie et les mauvais sorts.

Aussi, lorsque se produit un accident, une maladie, le premier réflexe des gens est l’interprétation : Si ce monsieur est malade, s’il est mort, c’est parce qu’il fréquentait cette femme ... Si cette jeune femme a fait une fausse couche c’est parce que sa belle-mère lui a jeté un sort ... S’il est arrivé malheur à cet homme c’est parce qu’il s’est disputé avec un tel qui lui a dit : « Tu me verras ! ». Cette expression est une menace que l’on prend au sérieux. D’ailleurs les parents interdisent à leurs enfants de l’employer quand ils se disputent avec un camarade, car s’il arrivait malheur à celui-ci, le responsable serait tout désigné.

Dans certaines communautés, les crises graves de paludisme dont souffrent de jeunes enfants sont attribués à des oiseaux sorciers qui viennent, la nuit, emporter ces petits. On va alors consulter le devin pour qu’il dise à quel membre de la communauté attribuer cette sorcellerie.

Parfois, souvent poussées par la jalousie, certains vont trouver le sorcier afin qu’il jette un sort à la personne visée.
Dans un tel contexte, les causes du paludisme étaient donc à priori toujours d’ordre relationnel, surtout le paludisme grave et ses manifestations impressionnantes.

Aujourd’hui, un nombre croissant de personnes admettent que le paludisme est une maladie transmise par les moustiques. De l’avis de tous nos interlocuteurs, c’est le fruit des discussions nées à l’occasion de l’auto évaluation, et du travail des groupes de théâtre.