Un élément important de l’approche : le respect des structures et des traditions
Les facilitateurs de la NSGA ont beaucoup insisté sur ce point : pour travailler avec une communauté, il faut commencer par s’en faire accepter. Le préalable est évidemment le contact avec le chef du village et les divers représentants de la communauté. Ils doivent savoir qui vient les trouver et pourquoi, ce qu’ils proposent de faire et de quelle façon. Sans leur accord et leur soutien, rien ne peut être fait.
Il faut ensuite consacrer le temps nécessaire à la connaissance de la communauté pour identifier et respecter ses traditions propres et ses règles particulières. Celles-ci peuvent varier sensiblement dans un pays où il est fréquent que deux communautés distantes de quelques dizaines de kilomètres parlent deux langues différentes.
Dans ce village, par exemple, il est inconvenant d’utiliser un haut parleur, de diffuser de la musique à haut régime.
Mais dans tous les villages on ne saurait jeter le discrédit sur le maraboutisme, élément majeur d’une tradition très vivante. Pourtant, le premier pas dans l’approche de la compétence consiste bien à identifier le paludisme non pas comme l’effet de quelque sort qui sera conjuré par un marabout, mais comme celui d’une maladie transmise par les moustiques et guérie par des soins médicaux.
Pour y parvenir, les facilitateurs ne tiennent pas un discours théorique : ne faites pas ceci, faites cela. Ils mettent en scène ce dont les membres de la communauté peuvent être témoins eux-mêmes, des situations qu’ils peuvent reconnaître : emmené chez le marabout, le malade ne guérit pas. Son état empire. Emmené au centre de santé - où on explique notamment la vraie cause de la maladie - il guérit. Que se passe-t-il donc au centre de santé ? Qu’y dit-on ? Qu’y fait-on ?
Aucune conclusion générale n’en est tirée sur le statut du marabout. On montre simplement que pour le paludisme, aller chez lui n’est pas efficace et qu’il n’y a rien à perdre à essayer l’alternative que représente le centre de santé..
L’outil d’auto évaluation sera souvent utilisé, au début du moins, par des groupes séparés : hommes, femmes, jeunes...Et si, comme cela se produit souvent, les femmes conquièrent le droit de prendre la parole en public, ce sera le résultat de leur propre évolution et non pas celui d’un discours venu de l’extérieur.
Enfin, nous ont dit les facilitateurs de la NSGA, même si l’on se sent très bienvenu dans telle ou telle communauté, il faut toujours demeurer bien conscients que l’on n’en est pas membre et savoir rester à sa place.

